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Pourquoi est-il si difficile de sortir d'une relation d'emprise ?

Photo du rédacteur: Magalie Vincent
Magalie Vincent
il y a 6 jours
4 min de lecture

« Pourquoi suis-je restée si longtemps ? »

C’est une question que l’on peut se poser après une relation d’emprise.



Et parfois, cette question s’accompagne de beaucoup de culpabilité.

Pourquoi n’ai-je pas vu les choses plus tôt ?Pourquoi suis-je revenue ?Pourquoi ai-je accepté certaines choses ?Pourquoi est-ce que je pense encore à lui alors que je sais que cette relation me faisait du mal ?


Pourtant, sortir d’une relation d’emprise n’est pas simplement une question de volonté.

Lorsqu’une relation a progressivement fragilisé la confiance en soi, la perception de ses propres besoins et la capacité à faire confiance à son ressenti, partir peut être beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.


L’emprise ne commence pas toujours par la violence

Une relation d’emprise peut commencer de manière très différente.

Beaucoup d’attention, une relation très intense, le sentiment d’avoir enfin rencontré quelqu’un qui nous comprend profondément…

Puis, progressivement, certaines attitudes peuvent apparaître :

le contrôle, les critiques, la culpabilisation, le dénigrement, les reproches, la jalousie, l’isolement ou encore le fait de remettre constamment en question ce que l’on ressent ou ce dont on se souvient.

Tout ne se produit pas nécessairement d’un seul coup.

C’est justement ce qui peut rendre la situation difficile à identifier.

Lorsque les comportements problématiques s’installent progressivement, on peut continuer à espérer retrouver la relation des débuts.

On cherche alors à comprendre.

On s’adapte.

On pardonne.

On essaie de faire mieux.

Et parfois, sans même s’en rendre compte, on commence peu à peu à s’oublier.


Quand le doute s'installe

L’une des conséquences possibles d’une relation d’emprise est de finir par douter de soi.

De ses émotions.

De ses souvenirs.

De ses décisions.

De sa perception des événements.

On peut entendre tellement souvent que l’on exagère, que l’on est trop sensible, que l’on comprend mal, que l’on est responsable des problèmes… que l’on finit par remettre en question son propre ressenti.

Et lorsqu’on ne fait plus confiance à ce que l’on ressent, prendre une décision devient beaucoup plus difficile.

Comment partir lorsque l’on doute encore d’avoir le droit de partir ?


Pourquoi revient-on parfois dans cette relation ?

Quitter une relation d’emprise ne signifie pas nécessairement que tout s’arrête immédiatement à l’intérieur de soi.

Même lorsque l’on sait consciemment que la relation était destructrice, une partie de soi peut encore être attachée à l’histoire vécue.

Il peut rester des souvenirs heureux, de l’attachement, de l’espoir, des habitudes, des questions sans réponse ou le désir de retrouver la personne que l’on pensait avoir rencontrée au début.

Il peut également exister une alternance entre des périodes de tension et des moments d’apaisement ou de rapprochement.

Cette alternance peut rendre la relation particulièrement difficile à comprendre et à quitter.

On peut savoir qu’une relation nous fait du mal et ressentir malgré tout le manque de cette relation.

Ces deux réalités peuvent exister en même temps.

Cela ne signifie pas que l’on est faible.

Cela signifie simplement qu’une relation humaine peut être complexe, et que les liens affectifs ne disparaissent pas instantanément parce que l’on a compris qu’ils nous faisaient souffrir.


Partir physiquement ne signifie pas toujours être libre intérieurement

C’est une étape essentielle de la reconstruction.

On peut avoir quitté la relation…

et continuer à vivre avec ses conséquences.

Certaines personnes continuent à culpabiliser.

D’autres ont peur de refaire confiance.

Certaines ont perdu leurs repères ou ont du mal à prendre des décisions seules.

D’autres encore continuent à entendre intérieurement les critiques auxquelles elles ont été confrontées pendant des mois ou des années.

Et parfois, la question devient :

« Qui suis-je maintenant ? »

Après avoir tellement adapté ses choix, ses comportements et ses besoins à ceux de l’autre, il peut être nécessaire de réapprendre à écouter sa propre voix.


Se reconstruire ne consiste pas à oublier

Après une relation d’emprise, il peut être tentant de vouloir effacer complètement ce qui s’est passé.

Pourtant, se reconstruire ne signifie pas nécessairement oublier.

Il peut s’agir progressivement de remettre de la distance entre ce que l’on a vécu et la personne que l’on est aujourd’hui.

Comprendre certains mécanismes.

Reconnaître ce que l’on a ressenti.

Retrouver ses limites.

Réapprendre à faire confiance à son propre jugement.

Redécouvrir ses envies.

Et surtout, retrouver progressivement la possibilité de choisir pour soi.

Vous n’avez pas à devenir quelqu’un d’autre.

Vous pouvez simplement recommencer à vous retrouver.


Et après l'emprise, que reste-t-il à reconstruire ?

Parfois, beaucoup plus que ce que l’on imagine.

La confiance en soi.

L’estime de soi.

La capacité à poser ses limites.

La confiance dans ses propres ressentis.

La capacité à dire non sans culpabiliser.

La possibilité d’être seule sans se sentir abandonnée.

Et parfois simplement le droit de prendre une décision sans demander la permission.

Cette reconstruction demande du temps.

Il n’existe pas de calendrier universel.

Chaque histoire est différente.


L'hypnose peut-elle accompagner cette reconstruction ?

L’hypnose peut constituer un espace de travail autour de certaines émotions, blessures et mécanismes qui continuent à influencer la personne après la relation.

Elle peut notamment permettre d’explorer ce qui reste encore douloureux, de mobiliser des ressources et de travailler progressivement sur l’image de soi, les émotions ou certains schémas qui se sont installés.

L’objectif n’est pas d’effacer ce qui a été vécu.

Il s’agit plutôt de permettre à cette histoire de prendre progressivement une place différente, afin qu’elle ne continue pas à définir votre manière de vous voir ou d’avancer.


Vous n'avez pas à vous reconstruire seule

Si vous avez vécu une relation toxique ou une situation d’emprise, il est normal que le chemin de reconstruction puisse prendre du temps.

Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses avant de demander de l’aide.

Parfois, le premier pas consiste simplement à pouvoir déposer ce que l’on a vécu dans un espace où l’on peut être écoutée sans jugement.

C’est dans cet esprit que j’ai créé RENAÎTRE, un accompagnement destiné aux femmes qui souhaitent retrouver progressivement leur confiance, leurs limites, leur liberté intérieure et leur identité après une relation qui les a profondément fragilisées.

Parce que partir d’une relation est une étape.

Se retrouver soi-même en est une autre.



 
 
 

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